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Intelligence collective : de quoi parle-t-on ?

Si l’intelligence collective est un sujet largement partagé dans l’entreprise, il reste encore difficile d’en donner une définition satisfaisante. Il est alors courant de passer avec légèreté cette étape et de se focaliser uniquement sur les outils identifiés pour la mettre en oeuvre (réunions post-it, séquences ludiques, ateliers créatifs…).Mais comment promouvoir réellement le développement des pratiques d’intelligence collective, suivre et évaluer ce développement si l’on ne pose pas quelques éléments – repères de définition?

Dés définitions parfois conceptuelles…

Les définitions sont nombreuses mais parfois peu concrètes. Pour les RH, managers et dirigeants qui souhaitent s’approprier ces pratiques d’intelligence collective, la difficulté sera de s’appuyer sur une définition opérationnelle compatible avec leur quotidien. Et faute de la trouver, les questions se bousculent :

Mais qu’est ce qu’on entend par intelligence collective ? “, “Moi je suis pour, mais est ce que cela veut dire demander son avis à chacun? tout le temps?” , ” Quand je fais une réunion d’équipe, c’est de l’intelligence collective, non?  et si je rajoute des post-it!!?”

Un levier de développement, au delà du participatif

L’enjeu est de taille : intégrer et diffuser les pratiques d’intelligence collective, pour une entreprise, c’est générer des idées et des pratiques nouvelles, directement opérationnelles et ciblées. C’est aussi impliquer, engager plus fortement le collaborateur.

Pour répondre à ces enjeux, l’entreprise met de plus en plus en place “du participatif” (faire participer les personnes intéressées, concernées aux décisions) et cela constitue déjà une bonne option! Mais l’intelligence collective va en réalité plus loin ; elle postule d’un premier élément déterminant : il y a une valeur ajoutée collective supérieure à la somme des valeurs ajoutées (intelligences, idées, opinions, expériences…) individuelles.

Pour Jean-Michel Penalva : l’intelligence collective est la « capacité d’un groupe d’acteurs cognitifs et d’agents artificiels à atteindre dans l’action une performance supérieure à celle résultant de la simple addition des compétences individuelles

L’importance du “processus”

Mais attention si il y a postulat d’une intelligence “supérieure”, il n’y pas postulat que celle-ci émane spontanément d’un collectif ! Ce sont les processus que l’on va mettre en place qui vont permettre de la générer.

Pour Fabienne Goux – Baudiment
“L’intelligence collective concerne l’ensemble des processus collectifs qui permettent de construire une réflexion partagée”

Manfred Mack formule certainement le mieux ces deux aspects essentiels de l’intelligence collective en la définissant ainsi :
« une capacité qui, par la combinaison et la mise en interaction de connaissances, idées, opinions, questionnements, doutes…de plusieurs personnes, génère de la valeur (ou une performance ou un résultat) supérieure à ce qui serait obtenu par la simple addition des contributions (connaissances, idées, etc.) de chaque individu »  

Deux éléments à retenir avant de transformer ses pratiques

Quels enseignements tirés de ces éléments de défintion?

Deux commandements principaux avant de se lancer dans le développement de pratiques d’intelligence collective :

  1. Je cherche à créer une valeur ajoutée “supérieure” au simple participatif . Pour cela je dois cibler les sujets qui profiteront pleinement de cette intelligence “supérieure”. Je ne mettrai pas en place de l’intelligence collective partout, tout le temps sous peine de perte d’énergie, de temps et de frustration des collaborateurs qui ne verront jamais leurs participations pertinemment utilisées.
  2. Je préparerai ces moments d’intelligence collective en créant des processus, des “combinaisons et mises en interaction” (activités, ateliers…) pertinents par rapport à l’objectif et aboutissant à un livrable exploitable. Je travaillerai l’animation de ces moments pour faciliter la bonne utilisation de ces processus.

Se lancer dans la promotion des pratiques d’intelligence collective constitue un enjeu majeur pour l’entreprise afin de répondre aux défis actuels de son environnement. Les différents acteurs doivent donc en considérer les spécificités pour une mise en place rigoureuse réalisée par l’intermédiaire d’acteurs internes formés à un véritable savoir-faire.

Clara Rousselin, Présidente EJIO

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